Français, Sentiments

Victime ou guerrière, c’est un choix.

Pour accompagner la transition de l’an 2020, je me suis lancée dans la méticuleuse révision des dix années passées pour préparer au mieux ma prochaine décennie.

Tout de suite, j’ai l’impression d’être jeune et vieille à la fois.

Dix ans, c’est rien en fait. Et pourtant, tout a changé.

Quand je repense à la jeune femme de 26 ans que j’étais en 2010, je ne peux que me demander: “Était-ce une autre vie?” Et pourtant, tout ce qu’elle a vécu m’a menée à être celle que je suis aujourd’hui.

Plus précisément, tout ses choix m’ont menée à vivre la vie que je chéris aujourd’hui.

Jusqu’alors, à peu de choses près, je subissais. Je m’étais identifiée en tant que victime et je m’accrochais avec dévotion à ce rôle. Victime de mon histoire, victime de mes rencontres, victime de mes sentiments, victime des autres, victime des circonstances.

Je n’avais jusque là aucune conscience du choix que j’avais en réalité exercé lorsque je m’étais lancée dans un travail insatisfaisant, et dans les diverses relations amoureuses abusives de ma courte vie. Tout ce que je vivais “m’arrivait” et je devais l’accepter avec fatalité.

Et puis, par hasard et par coïncidence (j’ai appris depuis que ces deux choses n’existent pas) j’ai lu les mots d’Anthony De Mello dans Quand la conscience s’éveille: “Il faut avoir suffisamment souffert pour se réveiller”.

En pleine tempête dépressive, j’ai décidé alors de quitter brusquement mon travail insatisfaisant, sans plan B. Ce qu’on appelle en anglais “a leap of faith”. Mais ce n’était pas suffisant. Quelques mois plus tard, désespérée dans ma baignoire vide, avec l’envie folle de disparaître, j’ai entendu cette voix venant de l’intérieur. En vérité, c’étaient les paroles de mon père, qui m’avait glissé quelques semaines plus tôt l’affirmation suivante: “La vie est trop courte pour être le martyr de quiconque.”

D’un coup, d’un seul, j’ai essuyé mes larmes et je me suis levée. Je me suis habillée calmement et je suis sortie de la salle de bain d’un pas décidé. Et juste comme ça, je suis sortie d’une des relations les plus toxiques et destructrices de ma vie. Ce jour-là, j’ai fait le voeux non seulement de me relever et d’en guérir, mais aussi de choisir, à chaque instant de ma vie, mon propre bonheur.

“J’enseignerai les langues, et je voyagerai au bout du monde. Et je ne laisserai plus jamais personne me détruire.”

J’avais 26 ans.

La même année, j’ai décroché le job que je voulais. J’ai fait la fête avec la ferveur d’une jeune rescapée de prison. J’ai rencontré des personnes fantastiques, et des personnes très banales aussi. J’ai eu l’impression de recevoir le soutien de l’humanité et de l’univers tout entiers, qui semblaient conspirer pour m’encourager sur ma lancée de choix positifs.

J’ai arrêté de fumer. J’ai voyagé. J’ai fait du théâtre. J’ai appris à jouer de la guitare. J’ai étudié. Et j’ai rencontré l’amour de ma vie.

Le reste ne fut pas exactement un long fleuve tranquille, mais c’est un fleuve que j’ai choisi de naviguer et qui me remplit de joie et d’enthousiasme. Un fleuve qui me fait sentir vivante à chaque seconde.

Ce furent dix années épiques: un bébé devenue grande fille, un achat, un mariage, des ponts construits et d’autres brûlés, une vente, trois valises, des billets d’avion pour l’autre côté de la planète, une entreprise, etc. Beaucoup beaucoup d’amour.

C’est vrai, j’ai eu de la chance et des opportunités. Mais surtout, je choisis comment je perçois cette complexe expérience humaine que nous faisons tous.

La plus grande leçon que j’ai apprise? On ne décide pas toujours des tempêtes que nous devons affronter, mais on décide de comment les affronter.

Comme des victimes, ou comme des guerrières.

 

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