Expat, Français, Pratique

L’administratif au Vietnam

 

Salut la compagnie,

Septembre touche à sa fin, et notre visa touristique de 3 mois aussi. Quoi? Déjà trois mois? Et oui, ça file le temps! J’ai l’impression de n’avoir pas fait grand chose, mais en vérité, je crois que ça fait partie de l’expérience d’expatrié: comparativement aux vacanciers, nous n’avions pas la priorité de tout visiter et de tout voir le plus vite possible. Notre priorité à nous était de nous installer, de trouver nos repères, de nous adapter au climat, aux gens, à la nourriture et de créer de nouvelles habitudes à 10.000km de notre bonne vieille Europe.

Alors, est-ce que c’est chose faite?

Et bien, oui et non.

Nous avons certes créé quelques habitudes, une petite routine bien nécessaire à la nature humaine, quoi qu’on en dise. Mais il nous a fallu du temps pour dépasser la fatigue due à la chaleur et aux longs mois de préparatifs qui ont précédé notre départ, afin d’avoir le courage nécessaire pour faire face à l’administration vietnamienne. Du temps aussi pour trouver notre nouveau rythme, entre l’instruction en famille, les cours d’anglais et de français en ligne, le lancement de mon site web (si vous ne l’avez pas encore vu, il est grand temps: www.englishsunnyside.com), etc. Personnellement, j’ai eu besoin de faire des siestes l’après-midi jusqu’à très récemment, ce qui est évidemment très agréable mais aussi contre-productif puisque j’ai techniquement besoin du temps pendant lequel ma fille fait sa sieste pour travailler Mais depuis une dizaine de jours, ça va beaucoup mieux, même si ce n’est pas encore parfait – tout est toujours perfectible! Comment ai-je fait? Je vous en parlerai dans le prochain article “Trucs et astuces pour s’adapter à la chaleur d’un pays tropical”

Qu’est-ce qui a changé depuis?

Et bien, notre visa touristique arrivant à expiration, ça nous a donné un petit coup de fouet pour reprendre les choses en main et envoyer tous les mails, visiter toutes les institutions et passer tous les coups de fils nécessaires. Bien évidemment, tout n’est pas réglé, loin de là, car il est certain que la bureaucratie asiatique a ses défaut. C’est là tout l’avantage d’avoir pour ma part vécu toute ma vie en Belgique, et pour Alex d’avoir dû s’installer dans ce petit pays en tant qu’expat: nous sommes habitués aux systèmes kafkaïens…

1) Le renouvellement du visa

La première chose à faire était d’organiser la suite de notre aventure: sans visa, nous ne pouvions par rester ici. Priorité donc: nous avons réservé nos billets d’avion pour Bangkok et nous avons demandé et reçu une lettre d’invitation via une agence de voyage afin d’obtenir un visa on arrival (VOA). Vous ne savez pas de quoi je parle et vous aussi vous voulez voyager ou venir nous voir au Vietnam? Pas de panique, je parlerai exclusivement de la procédure très prochainement (avec des liens internet direct et fiables)!

Nous partons donc 3 petits jours dans la capitale Thaïlandaise. Youpie! La dernière fois que nous avons visité Bangkok, c’était lors de notre voyage de noce en décembre 2015, et nous n’avions prévu que 5 jours. Largement suffisant? Normalement oui, mais c’était sans compter sur le jet lag qui m’a forcée à ne faire que dormir et manger pendant 3 jours… Je n’ai donc presque rien vu. Il était grand temps de remédier à cela, n’est-ce pas?

Nous avons réservé nos billets d’avion via Thai Airways pour la modique somme de 330€ AR tout compris. Décidément, la Thai devient notre compagnie fétiche! Comme la plupart des gens, j’ai toujours cru qu’Air Asia proposait des prix imbattables, mais depuis que nous voyageons en Asie, Thai Airways a toujours été plus avantageuse! Et ce, non seulement au niveau prix mais également au niveau pratique: atterrissage à l’aéroport central et international de Suvarnabhumi au lieu de l’aéroport excentré et national de Dong Mueong; ainsi qu’au niveau du service, Air Asia étant un peu la Ryanair asiatique. Jusqu’à présent nous n’avons jamais été déçus de la compagnie thaïlandaise, et ce malgré sa flotte parfois un peu vieillotte: la nourriture est excellente, les films proposés sont récents, et personnellement, le mauve, j’adore!

Nous ne restons que 2 jours et demi, donc forcément, les visites seront limitées, mais je veux faire “ma touriste”, et aller droit dans les sentiers battus pour voir les incontournables de la ville: le bouddha d’émeraude, le bouddha couché, le bouddha debout… (joke). Et je veux, j’exige, un super massage 100% plaisir! Je ne manquerai pas de vous raconter tout ça dès que possible!

2) Créer notre compagnie

Deuxième priorité sur notre liste, cette tâche n’est franchement pas des moindres. Après avoir consulté différents spécialistes pour notre situation professionnelle spécifique, nous avons décidé d’ouvrir notre compagnie commune, ce qui n’est pas une mince affaire, et c’est là que les enquiquinements commencent. En effet, une telle procédure demande premièrement une preuve de résidence.

Facile, me direz-vous, il suffit de leur fournir une copie de notre bail. Mais non, ce n’est pas suffisant: il nous faut leur donner une facture d’électricité, d’eau, d’internet, de n’importe quoi qui soit récurrent.

3) Recevoir une facture à son nom au Vietnam

Evidemment, ce n’est pas si facile car, au Vietnam, les factures, ce sont des gens qui viennent sonner à votre porte avec un petit bout de papier pour vous demander de l’argent en cash pour le mois. Aussi incroyable que cela puisse paraître, il est impossible de payer l’électricité par virement, à moins de ne payer des frais supplémentaires. Alors, bien entendu, je reçois un relevé de ce que je paye, ainsi qu’une preuve de paiement. Mais bien que mon nom apparaisse sur cette dernière, le relevé reste au nom du propriétaire de notre habitation, et ce malgré le fait que nous ayons déclaré notre résidence aux autorités locales. Après enquête, au Vietnam, seulement les propriétaires reçoivent des factures à leur nom. Et je ne suis pas sûre que nous soyons prêts, là, tout de suite, à devenir propriétaires ici.

Il resterait la piste de la facture internet et de téléphone. En effet, ici les abonnements télévision/internet s’achètent par 3 mois, 6 mois ou à l’année. Jusqu’à présent, nous bénéficions du “pack” que nos propriétaires ont prépayé jusqu’à la fin du mois d’octobre. Il serait apparemment possible pour nous d’acheter le pack suivant en notre nom et nous aurions donc une facture officielle. Ceci dit, et cela reste à vérifier, nous devrions obligatoirement payer 12 mois à l’avance, ce qui n’est pas trop problématique à part le coût. Au niveau téléphonie, nous avons pour l’instant tous les deux opté pour des cartes prépayées. Nous achetons des recharges au fur et à mesure de notre consommation (10$/mois en moyenne, avec 3 giga de data). Mais il serait peut-être possible de demander un abonnement avec des giga illimités de 4G, et donc d’avoir une facture. D’après quelques sources, en tant qu’étranger, il ne serait possible de faire cela qu’avec une caution de 100$. Apparemment, les compagnies auraient peur que les touristes ne payent pas leurs factures et ne reviennent plus jamais dans le pays, ce qui me semble logique. Mais ça comment à faire cher… Nous tenterons néanmoins le coup une fois que nous serons rentrés de Bangkok.

4) Ouvrir un compte en banque en tant qu’étranger

Une autre preuve de résidence qui serait acceptée pour la création de notre compagnie: des relevés bancaires. Ah, voilà enfin quelque chose qui devrait être facile: il suffit d’ouvrir un compte en banque vietnamien, d’y verser de l’argent à partir de nos comptes européens, et de payer notre loyer! Je me renseigne au préalable sur les conditions nécessaires à l’ouverture d’un compte: un passeport, une adresse et 50.000 VDN (2$).

Nous voilà donc partis vers la banque la plus proche: Vietcombank. Nous prenons un ticket, et nous faisons la file dans un petit hall climatisé. Cinq minutes plus tard, c’est déjà notre tour. Première question à l’employée: “Do you speak English”.  Après confirmation de sa part, je lui expose notre désir d’ouverture de comptes: un individuel pour chacun de nous et un compte commun, en VDN et en USD. “Not possible”: seulement les comptes individuels sont possibles pour les étrangers. Tant pis, ce sera donc deux comptes individuels. Et là, la dame m’explique qu’en tant qu’étrangers, nous ne pouvons faire de transferts à partir de ce compte que vers un autre compte vietnamien. Jusque là, pas de souci, nos propriétaires sont vietnamiens. Elle rajoute également que nous ne pouvons pas déposer d’argent en cash sans preuve d’origine de l’argent, à savoir une fiche de paie d’un employeur vietnamien. Nous n’avons évidemment pas d’employeur vietnamien, mais nous n’avons également pas de cash à déposer, donc pas de problème. Je lui dis que nous désirons simplement faire un transfert bancaire de notre compte européen vers notre compte vietnamien. Et là, elle m’annonce que ça non plus ce n’est possible. Je ne peux que transférer de l’argent de mon compte vietnamien vers un autre compte vietnamien. Incrédule, je m’exclame (un peu agressivement, je l’avoue): “Mais comment voulez-vous que je verse de l’argent vers un autre compte vietnamien si je ne peux rien déposer sur mon compte ici?” Je n’ai eu droit qu’à un regard vide en guise de réponse. Nous continuous malgré tout les opérations et la paperasse. Une heure plus tard, nous avons nos comptes en banque et nos codes e-banking.

De retour à la maison, nous essayons de comprendre ce non-sens sur différents forums et via une connaissance locale. Le lendemain, celui-ci passe 45 minutes au téléphone avec la banque pour essayer de démêler le vrai du faux et nous revient avec cette information qui contredit totalement ce qui nous a été rapporté la veille: en tant qu’étranger, nos comptes ne peuvent pas recevoir de cash mais peuvent uniquement recevoir des transferts internationaux. Ouf!

Ceci dit, voilà maintenant 13 jours que nous avons effectué notre premier virement entre comptes, et l’argent semble s’être volatilisé dans la nature. Après 40 minutes passés au téléphone avec notre banque belge, nous avons ouvert un dossier (30€!) pour faire une enquête sur ce qui s’est passé (15 jours de délai), sans garantie aucune de récupérer notre argent – du montant d’un loyer quand même… Affaire à suivre…

5) Imprimer et envoyer des documents par DHL.

Une fois que nous avons lancé la procédure pour l’établissement de notre compagnie, l’agence avec qui nous travaillons nous a évidemment envoyé des documents par mail et nous a demandé de les leur renvoyer signés par DHL. Nouveau challenge donc. Car malgré ce que vous pouvez imaginer, il n’est pas si facile au Vietnam de trouver un “copy center” où imprimer des documents. Après une petite recherche sur google, j’en ai trouvé un au District 1. Ils ont été super sympathiques et rapides, et j’y suis d’ailleurs retournée cette semaine pour aller imprimer ma letter d’invitation et mon formulaire d’immigration pour le nouveau visa! C’est seulemet après être rentrée chez moi qu’un de nos amis vietnamien me demande, hébété, pourquoi j’allais si loin alors qu’il y a pleins de “photocopy shop” dans notre district… Je me rends compte qu’il est essentiel de prendre des cours de “recherche google au Vietnam”…

Mais revenons à nos moutons! Il me restait encore à trouver un DHL quelque part. Pareil, Google m’aide (moyennement) à dénicher une adresse que je montre directement depuis l’application Maps de mon téléphone au chauffeur de taxi: c’est ma stratégie habituelle car même si je prononce l’adresse, celui-ci risque soit de ne pas me comprendre, soit de ne pas connaître l’endroit. Nous arrivons donc quelque part dans le D1, et bien que le bâtiment en face de nous soit exactement identique à la photo que j’ai dégoté sur le net, je ne vois nulle part écrit DHL. Finalement, un garde (il y en a partout ici) nous indique qu’il faut faire le tour du pâté de maison, ce qui nous permet de découvrir une petite rue absolument adorable, décorée de petites lumières et remplie de petits cafés-librairies avec des livres en vietnamien, mais aussi en anglais et j’imagine peut-être même en français? Nous n’avons pas vraiment eu le temps de nous y attarder, car anxieux d’arriver à destination avant l’heure de midi. Quelle ne fut pas notre surprise quand arrivés au bout de la rue, nous y avons trouvé… la poste. Oui, la fameuse poste d’Ho Chi Minh que nous avions visité auparavant avec Anaïs, celle juste en face de l’église Notre Dame.

Dubitative, je m’exclame que le gardien n’a pas dû bien nous comprendre. Mais Alex est confiant et nous entrons dans le magnifique bâtiment. Après avoir demandé de l’aide à l’une des employées vêtue d’une superbe tenue de soie traditionnelle aux couleurs pastels, celle-ci nous confirme que nous sommes au bon endroit et me montre une toute petite pancarte “DHL”. Son anglais est très bon, et tout se passe très facilement. Une quinzaine de minutes plus tard, notre courrier est payé (40$) et envoyé.

Huit jours plus tard, notre compagnie est officiellement incorporée et nous sommes activement “in business”! Bien entendu, nous n’avons pas encore tout réglé, et d’autres démarches administratives se sont ajoutées, notamment en provenance de Belgique et avec des délais impassiblement serrés. Nous sommes donc en train de faire notre possible pour être rapides et efficaces! Je vous préparerai un nouvel article pour vous relater la suite des évènements une fois qu’ils auront été résolus: oui, j’ai de l’espoir!

A très vite les chatons!

4 thoughts on “L’administratif au Vietnam”

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