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Installation à Thao Dien

Ecoutez la version audio ici:

Voici quelques jours que nous avons quitté le District 1 pour nous installer dans notre nouvel appartement à Thao Dien, quartier du District 2. C’est avec un certain plaisir que nous avons pu refaire nos valises dimanche matin pour quitter notre guest house d’accueil et nous diriger vers notre nouveau chez nous. Mais d’abord, état des lieux et réception des clés. Nous arrivons chargés jusque par-dessus là tête – nous avions déjà oublié le poids de nos bagages – dans le majestueux lobby un peu trop climatisé et gardé 24h sur 24 et 7 jours sur 7 par deux agents de sécurité, où nous attendons patiemment Liu. Je ne sais pas trop pourquoi, mais j’ai une boule d’anxiété au ventre qui m’est venue de je ne sais où. Heureusement, elle se dissipera rapidement. Alex, lui, est tranquille et heureux tandis qu’Anaïs n’a qu’un seul mot à la bouche: piscine!

Après quelques minutes, nous nous dirigeons tous ensemble vers l’appartement où nous sommes accueillis par les grands sourires de nos propriétaires. Avec Liu, ils discutent en vietnamien pendant de longues minutes et nous ne comprenons rien du tout. Nous parions sur le fait qu’ils soient simplement en train de décrire les meubles inclus dans la location. Ensuite, nous réglons les questions d’eau, d’électricité, du précieux code internet, et nous bénéficions d’un petit cours sur comment fonctionne la taque vitrocéramique (classique et à induction), ainsi que la machine à laver et le vidéo-phone. Nous recevons nos clés, ainsi qu’une carte magnétique provisoire jusqu’à ce que nos propres cartes dotées de nos plus beaux selfies soient générées par la réception. Ce petit bijou nous donne accès à notre côté de l’immeuble (il y a l’aile ouest et l’aile est, comme dans la Belle et la Bête), ainsi qu’aux ascenseurs: il faut d’abord scanner sa carte pour  pouvoir demander l’étage où nous voulons nous rendre. Seulement deux possibilités: l’étage où l’on habite et le troisième étage: celui où il y a la piscine, les plaines de jeux et les salles de sport. Ce qui est certain, c’est qu’on est en sécurité!

Quelques minutes plus tard, nous sommes laissés seuls… “Chez nous”. Ce mot est encore étrange dans cet appartement presque “témoin” où nous avons l’impression de nous balader chez Ikea. D’autant plus qu’il n’a pas vraiment été habité auparavant, ce qui veut dire qu’il est neutre et n’est pas doté d’énergie, si vous voyez ce que je veux dire. Quoi qu’il en soit, ce sera à nous d’y mettre les nôtres et de nous approprier l’endroit. Ce qui ne tarde pas: Alex fonce à la réception pour tenter de réserver un court de tennis pendant qu’Anaïs et moi entamons une danse du bonheur dans le salon.

Très bien, mais maintenant on fait quoi? Et bien il est 13h, allons donc manger! Oui mais où? Bah au japonais du méga-mall tiens! Après un bon repas, nous allons faire quelques courses pour le dîner et quelques éléments essentiels. Ça nous coûte de l’énergie d’accepter qu’il faille acheter des choses basiques, telles qu’une casserole, une poêle, des couverts, … On s’est tellement débarrassés de toute possession matérielle ou presque que ça nous semble contre-productif de s’encombrer à nouveau. Le tout sera, je pense, de trouver un équilibre entre le strict minimum et l’achat compulsif du moindre truc inutile mais dont on a quand même envie parce qu’on y trouve une nécessité immédiate. Nous avons donc trouvé le compromis d’acheter un grand wok qui fera office de casserole et de poêle en même temps; des baguettes (moins chères que des couverts) mais quand même 3 petites fourchettes pour Anaïs qui n’a pas encore maîtrisé l’art de ces petits batons de bambous, bien qu’elle fasse des progrès assez impressionnants; un seau qui sert aussi de poubelle (avec un super couvercle), du sel à l’ail (plus pratique du sel et de l’ail), … bref vous voyez l’idée.

Hier, nous avons quand même acheté des baguettes de pain. L’influence française a laissé son emprunte et ça fait partie de la nourriture locale, en tout cas à en croire le prix: 4500 VND la baguette, soit 0,19$. Moi qui m’en suis goinfrée à Bruxelles de peur de ne plus jamais en manger,… Il y a même du Babybel, mais il est tellement cher comparativement (80.000 VND) qu’il est dans une boîte spéciale avec un antivol! Autre curiosité: dans le rayon frais, on peut se servir tout seul (bien que je ne connaisse pas 80% de la verdure que je rencontre), mais il faut bien tout séparer dans des sachets en plastique que l’on doit donner à une dame qui les étiquette avec le poids et le prix. Tout le monde fait la file, même si on ne comprend pas trop où elle se termine et pourquoi cette jeune-fille arrivée longtemps après moi est servie en premier. Aussi, le plastique est partout: les aliments sont emballés individuellement et puis encore une fois collectivement. Bref, on ne peut pas vraiment dire que Saigon soit écologique.

Peu à peu, nous avons tous les trois défait nos valises, choisi nos armoires, donné un endroit à chaque chose. Nous avons évidemment beaucoup trop de rangements, mais nous nous promettons de ne pas les remplir au fil du temps. Le soir tombe à 18h et je cuisine pour la première fois. Des nouilles aux champignons: ça sent bon!

Après une bonne nuit de sommeil dans un lit en fait extrêmement comfortable, Anaïs arrive en trombe dans notre chambre: on va à la piscine! Mais nous sentons bien que notre petite chérie a besoin de repères, de limites et de structures. En effet, il ne s’agit pas de penser qu’ici, tout est permis et ce malgré le fait que nous soyons effectivement plus libres que dans notre vie d’avant. Nous décidons donc d’un planning: instruction en famille le matin, piscine à 11h, puis lunch, sieste et ensuite activités en fin d’après-midi. Elle boude un peu, mais au fur et à mesure des journées, elle s’habitue et sa nervosité des premiers jours s’atténue progressivement. Elle est impatiente de se faire des amis, et je la rassure: les enfants avec qui elle joue aujourd’hui seront sûrement encore là demain. Et puis, lier des amitiés ça prend du temps. Elle me regarde, boudeuse: et toi tu n’as pas d’amis? J’ai des amis dans mon coeur, mais ils ne sont pas ici. Peut-être dans quelques temps…

Quelques jours passent, la structure commence à devenir habitude, les compagnons de jeu reviennent, la confiance s’installe, et les caprices des premiers temps ont complètement disparus. Anaïs, naturellement perturbée par le grand changement que nous sommes en train de vivre,  avait simplement besoin qu’on la rassure. L’apprentissage se passe très bien et nous observons déjà des progrès impressionnants, mais je vous raconterai tout ça dans un prochain article spécialement dédié au sujet.

Nous aussi d’ailleurs, nous avions besoin de structure: Alex est ravi d’avoir pu installer son matériel de dessin, il s’est remis au tennis et trouve des partenaires avec qui copiner: jusqu’à présent un Iranien au Vietnam depuis 8 mois et un Singapourien qui retourne chez lui tous les week-ends pour voir sa femme et ses enfants. Il va également courir à la salle de sport assez régulièrement, histoire de se tenir en forme malgré tous les bons petits plats qu’il y a à manger ici! Car c’est certain, la nourriture vietnamienne, les amis, c’est une tuerie!!! Mais vous l’aurez déjà remarqué dans mes articles précédents.  Quant à moi, je me sens bénie par l’Univers de pouvoir construire le mode de vie dont j’avais rêvé: yoga, méditation, éducation de ma fille, développement personnel et professionnel, et la chance de vivre dans un nouveau pays où chaque petite chose est excitante. Un exemple tout bête: j’ai mis en route une machine à laver et j’ai étendu le linge, dans notre buanderie qui est en fait une sorte de terrasse. C’est magique, le linge ne traîne pas dans l’appartement pendant qu’il sèche en hauteur sur deux grosses barres de métal que l’ont peut faire monter et descendre grâce à une manivelle, et vu la chaleur ambiante, pas besoin de séchoir évidemment. Autre exemple: j’ai enfin découvert le rayon végétarien au supermarché avec des ingrédients dont j’ignorais complètement l’existence. Je les ai repéré grâce au mot magique “chay”, qui veut dire “végétarien”, “vegan” ou “légumes” selon l’interprétation de chacun. Je commence à dire merci (cam eun) et bonjour (tiao) en vietnamien. Avouez- qu’avec ces trois mots, ma survie est déjà assurée! En plus, je cuisine local, ce qui est aussi incroyable que délicieux! Au revoir bolo vegan de Bruxelles, bonjour Pho et nouilles sautées!

Maintenant que les besoins basiques sont remplis et étant fan de l’application Maps, j’ai observé les alentours et j’ai repéré quelques petits cafés et restaurants à quelques minutes de marche d’ici. Il y a également un studio de yoga qui donne des cours de danse pour les enfants, et ça me semble être une excellente idée pour Anaïs. La semaine prochaine, nous irons nous renseigner et explorer “en dehors” du club med et nous perdre, comme nous l’avions fait précédemment dans le centre, dans les ruelles de Thao Dien! Je trépide déjà d’impatience! J’imagine que vous aussi …

A très vite!

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1 thought on “Installation à Thao Dien”

  1. Merci Jessica pour ce partage d expérience super☺ ça a l’air bien! Quel changement de vie! Quelles ont été vos motivations ? En tout cas plein de bonnes ondes pour votre nouveau départ ! Bisous Caroline

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