Discover, Expat, Français, Non classé

Trois touristes à Saigon

Notre séjour à l’hôtel s’achève bientôt, et c’est tant mieux car nous commençons à trouver le temps un peu long. Nous avons tous les trois en effet hâte de débuter notre nouvelle vie pour de vrai au lieu de nous sentir comme des touristes en vacances. Ne vous méprenez pas, vagabonder des les rues est agréable, mais il eût fallu que nous soyons de vrais vacanciers pour nous permettre de faire des excursions en dehors de la ville grouillante de monde afin de pouvoir vraiment profiter du moment. Nous prendrons bien évidemment le temps de découvrir les environs proches et lointaines une fois installés, mais pour l’instant, nous n’avons qu’une envie à l’esprit: prendre possession de notre nouveau nid, avant de pouvoir ensuite voleter deci delà.

Ceci-dit, nous n’avions pas encore exploré le centre touristique et vu qu’il est accessible à pieds, nous décidons mère et fille de nous aventurer dans les rues d’Ho Chi Minh. Après trois jours de ballades intensives, je commence à connaître le quartier comme ma poche, et je m’impressionne moi-même de me repérer presque sans l’aide de mon précieux smartphone. J’emmène ma chérie dans des petites rues différentes pour le plaisir de se perdre, mais surtout de s’y retrouver. Et c’est exactement comme dans les livres: au détour d’une allée, Saigon se livre, à la fois intrépide et indulgente, avec une douceur de vivre surprenante qu’il faut aller chercher au-delà du brouhaha ambiant. Les coup de klaxons agressifs et la vitesse menaçante des automobilistes se mêlent aux sourires tendres des locaux; les requêtes parfois un peu harcelantes des vendeurs des rues sont contrastées par les regards protecteurs des jeunes filles autochtones qui nous aident à traverser avec elle. Comme des enfants qui prennent peu à peu confiance, nous élargissons de plus en plus notre périmètre d’exploration et les craintes des premiers jours se transforment tout doucement en confiance: nous traversons avec assurance, nous négocions les prix, je sors même mon téléphone un peu plus souvent de sa cachette pour prendre des photos et m’orienter.

C’est ainsi que, clopin clopant, nous sommes devenues de vraies touristes. Nous avons visité le marché couvert de Ben Thanh, sorte de Halles Saint-Géry à Paris ou de Covent Garden à Londres: petites allées étroites où l’on vend de tout: des vêtements plus ou moins chers, des épices, des fruits et légumes, de la street food, toutes sortes de crevettes séchées qu’ils mangent comme des chips, des fruits secs, etc. Evidemment, c’est hyper touristique et je soupçonne même les asiatiques qui s’y promènent d’être en vacances comme nous. Nous poussons la promenade un peu plus loin et nous arrivons à la commune, Ho Chi Minh Town Hall, devant laquelle on peut apercevoir une statue du fameux Mr. Ho Chi Minh qui fût président du Vietnam jusqu’à sa mort en 1969, père fondateur de la Nation. Cette statue veille attentivement au calme sur un boulevard digne des champs Elysée où toutes les grandes enseignes ont pignon sur rue, avoisinant les grands hôtels de luxe. Nous apercevons au loin la Bitexco Financial Tower, la plus haute tour du Vietnam, qui trône dans le ciel à une hauteur de 262 mètres. Apparemment il serait possible d’y monter (200.000 VND = 8$) pour admirer la vue, mais je préfère réserver cette activité pour un futur coucher de soleil en famille.

Le soir, nous avons envie de tester un nouvel endroit et nous avions repéré de l’autre côté du grand parc qui se trouve en face de notre hôtel un petit restaurant qui s’appelle Veggie Saigon. Mais traverser le parc à 20h30 dans le noir ne nous enchante pas des masses – la ville n’a pas un grand taux de criminalité mais nous avons été avertis maintes fois des pickpockets et autres vols à l’arrachée, il ne faut pas tenter le diable. Alex propose donc de prendre un taxi, idée que je trouve un peu farfelue pour 3 minutes à pieds. Nous trouvons donc le compromis de tester un autre restaurant recommandé par le proprio de notre gargote britannique: Hum! Il nous avait raconté qu’il avait là mangé la meilleure nourriture végétarienne de sa vie. Voilà une destination pour laquelle il vaut bien la peine de payer un taxi! Je repère l’adresse et la montre au conducteur. Mais celui-ci ne semble pas emballé par une si petite course et décide de faire un détour. Il doit s’être dit que des touristes ne se rendraient compte de rien, mais il a fait le tour du pâté de maison avant de revenir sur ses pas et de nous amener à destination: 20.000 VND de plus que prévu (1$ – 65.000VND au total). Ca ne sert à rien de rentrer dans une confrontation pour si peu, il n’aura juste pas droit à son pourboire, c’est tout. Je suis tout de même fière de m’en être rendue compte!

Le resto est sublime, zen, avec des petites lumières, des étangs artificiels et des bouddhas: ici ce n’est pas un resto, c’est un temple des saveurs. Si seulement j’avais lu les avis sur TripAdvisor, je me serai habillée un peu mieux et je me serai maquillée. On dirait que je suis en pyjama asiatique. Alex aussi regrette d’être en tongs alors que le serveur est attentif à chacun de nos besoins. Nous essayons de nous fondre dans le décor. Le menu nous est présenté dans un livre précieux, dans lequel chaque plat est décrit en détails: on y mentionne non seulement les ingrédients, mais aussi quels bienfaits ils ont pour notre corps. C’est local, c’est bio et c’est une expérience presque spirituelle. En entrée nous mangeons du tofu pané et des légumes frits, accompagnés de deux petites sauces: l’une à la coriandre un peu pimentée, l’autre à la prune. En plat principal, Alex commande des champignons à la cannelle, Anaïs prend un riz frit à la carotte et je me laisse tenter par un Hot Pot. Mais je n’en ai jamais mangé de ma vie alors je ne sais pas trop quoi faire quand le serveur m’apporte ce pot noir  de bouillon ainsi qu’une assiette de nouilles et de légumes crus,  et qu’il allume un feu en dessous. Il me rassure: il va le faire pour moi. Chacun de ses gestes est lent et minutieux. Tout est calme et volupté. Et chaque bouchée de nos repas est poésie. Même le dessert est sublime. La note est élevée, mais pour la qualité des produits frais et l’originalité des saveurs, ce n’est rien du tout: 1.230.000VND (53$ à trois, entrées, plats, desserts et boissons)

Le lendemain, nous nous rendons à la cathédrale Notre Dame, un des vestiges de l’influence française. Ses couleurs chaleureuses s’accordent avec La Poste toute proche, autre lieu de visite touristique. A l’intérieur, une immense peinture du fameux Mr. Ho Chi Minh.  Nous n’envoyons pas de carte postale car la file est trop longue: peut-être une prochaine fois. Sur le chemin, nous repérons un petit parc au calme avec un arbre magnifique. Un homme passe et nous dit que l’arbre a plus de cent ans. Il me raconte un peu où se trouvent les sites intéressants dans les alentours. Il ne m’apprend rien mais je le remercie tout de même. Il porte des noix de coco et me dit que c’est lourd de porter sa palanche plus de dix heures par jour. Il me propose d’essayer. Je vérifie tout de même que mon sac en bandoulière est bien fermé mais je sens son énergie bienveillante et j’essaye. C’est vrai que c’est lourd ce machin! Pour sa peine, nous lui achetons deux noix de coco à siroter tout de suite: quel agréable rafraîchissement. Pour l’anecdote, l’homme avait d’abord demandé 150.000VND (6$) pour les deux noix de coco. J’ai mis en pratique mes nouvelles connaissances en marchandage et je lui ai signifié que c’était trop cher, en insistant pour qu’il baisse le prix. Selon les conseils que j’ai reçu des étudiants dans les parc il y a quelques jours, on peut en moyenne baisser le prix d’1/3. L’homme voit que je suis prête à le laisser là avec ses noix de coco en mains et il me propose 100.000. Et le deal est fait! Plus tard, lorsque nous nous rendons dans un supermarché local, je tombe sur des noix de coco à 30.000VNG pièce, donc le prix payé au final était bien correct.

This slideshow requires JavaScript.

Il est bientôt 13h, le soleil tape, Anaïs est fatiguée après 3heures de marche, et elle a faim. Elle réclame des sushis…. décidément cette petite attrape des goûts de luxe. Mais c’est tellement mieux que des frites et des pizzas. Nous allons donc dans un restaurant japonais où je commande à nouveau une soupe Udon aux nouilles, dont je raffole tant, et des tempura de champignons. Anaïs dévore ses sushis au saumon alors que je fais une prière silencieuse à l’animal. Nous nous baladons encore un peu pour dénicher du Bubble Tea – sorte de thé frais avec des billes de tapioca dans le fond. Un délice! Et puis retour à l’hôtel pour une bonne douche rafraichissante et une sieste grandement nécessaire. Nous finirons la soirée en jouant aux cartes, en nous racontant des histoires et en somnolant à moitié, en attendant, impatiemment, dimanche.

A très vite!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s