Discover, Expat, Worldschooling

Carte SIM à Ho-Chi-Minh

Salut les petits schtroumpfs,

Aujourd’hui, c’était journée “farniente” au programme pour moi, même si je ne suis pas certaine que ce terme existe au Vietnam, peuple de grands travailleurs qu’ils sont. Quoi que, j’en croise parfois l’un ou l’autre lézarder sur sa motocyclette le temps d’une sieste… Petit déjeuner en famille vers 10h du haut de notre terrasse dans la jungle (ou presque) où nous introduisons le thème de la journée au niveau “worldschooling”: la gratitude. En effet, depuis quelques temps, nous entendons beaucoup de “je veux”, et “je ne voulais pas ça” remplis de regrets et de frustration de la bouche de notre chérubine et nous aimerions lui inculquer quelques valeurs, notamment celle de se rendre compte de la chance qu’elle a d’être aussi privilégiée sur cette terre.

Rassurez-vous, je ne vais pas tout de suite l’emmener au bord du Gange, non non. D’abord la méthode douce: nous commençons à lui parler des choses pour lesquelles nous nous sentons reconnaissants, nous: être ici après toutes les années passées à en rêver, être en bonne santé, avoir de l’amour dans nos coeurs, être accompagnés d’une aussi chouette petite fille comme elle, avoir une famille et des amis fantastiques, avoir du bon pain et des bananes bien sucrées sur la table, et oh tiens, être bénis par cette petite brise qui arrive juste à point alors que nous commencions à avoir trop chaud ce matin (31°C). “Et toi Anaïs, pour quoi es-tu reconnaissante?”. Silence. “Je réfléchis,” me dit-elle. Elle prend une longue inspiration comme lui a appris son papy et puis, “Je suis contente pour les fleurs et les plantes.” Il fallu tout de même négocier pour qu’elle termine son pain à la confiture “parce qu’elle voulait juste une banane même si c’est elle qui a demandé du pain d’abord mais elle n’avait pas vu la banane sur la table”… Rome ne s’est pas construite en un jour.

 

On enchaîne sur des exercices de motricité fine sur la tablette: le Tamagochi version 2017 s’appelle “My Emma©” et c’est une appli qui apprend à bien s’occuper d’une petite fille pour qu’elle grandisse: il faut la nourrir (“mais pas que des pizzas et des frites, hein Anaïs?”), la laver, l’emmener chez le docteur, jouer avec elle, etc. D’un côté, le maniement de la tablette a été maîtrisé en moins de 2 heures de jeu, et de l’autre côté on apprend aussi à compter, parce que chaque chose a un prix: l’avocat est plus cher que le concombre, et si on achète un jouet ou des chaussures qui brillent, on ne peut pas aller chez le docteur. Logique, non?

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On apprend à écrire l’alphabet, quelques additions, du coloriage de mandalas et puis il est déjà l’heure d’aller luncher: direction le Britannique Vegan (pour ceux qui n’ont pas suivi, voir ici notre découverte du Bookworm’s Coffee) où Anaïs pleure – littéralement-  pour des spaghettis, qu’ils n’ont malheureusement plus en cuisine. Au lieu de prendre ça pour un caprice, peut-être peut-on admettre que c’est perturbant pour un enfant de moins de cinq ans d’être catapultée dans une nouvelle ville, dans un nouveau pays, sur un nouveau continent, là où personne ne lui ressemble mais où tout les regards sont sur elle, loin de toutes ses habitudes, et nous nous disons que c’est probablement ces choses si futiles à nos yeux qui lui apportent, à elle, du confort et de la stabilité. De l’irritation, je passe à la compassion. La femme du patron aussi: elle va voir si il ne lui reste pas quelques pâtes quelque part… Finalement Anaïs aura eu son repas tant souhaité, Alex se sera laissé tenté par un Burger imitation boeuf + French fries et moi, j’aurai persisté à manger local: omelette vietnamienne aux légumes, soja et tofu: très goûtu! Total: 303.000 dôngs, boissons incluses (13$). C’est un peu plus cher que d’habitude, et nous nous rappelons de peut-être éviter de manger trop de plats à l’occidentale. Mais bon, les habitudes se prennent peu à peu, n’est-ce pas?

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Avant de partir, je demande au proprio qui regorgeait de bons conseils hier soir s’il peut nous recommander un endroit pour acheter une carte SIM locale. Il demande à son épouse (vietnamienne) et ils nous indiquent une petite boutique sur le coin de la rue en face, qui vend un peu de tout et de rien. La dame va dans son sac à main me chercher une carte Viettel – un des réseaux les plus répandus ici, appartenant à l’armée, et me demande 100.000 dôngs. Je lui demande de combien est chargée la carte, elle me répond 30.000 dôngs. Oui, et donc? Pourquoi dois-je payer autant? C’est le prix de la carte, m’assure-t’elle. “Revenez me voir pour mettre plus de crédit dessus.” Nous achetons donc et testons la chose une fois rentrés à l’hôtel.

Après m’être prise pour McGyver pour avoir réussi à ouvrir la fente de mon iPhone avec l’extrémité d’une boucle d’oreille en métal, je découpe la carte à sa taille nano et l’insère. Rien ne se passe. Pas de réseau, pas d’internet, rien. Ne paniquons pas: comme à son habitude, Google est mon ami et m’apprend que les cartes SIM prépayées doivent être activées dans des magasins officiels de la compagnie téléphonique car, comme en Belgique d’ailleurs, il est interdit au Vietnam d’avoir un numéro de téléphone qui ne soit pas identifié, c’est-à-dire lié à une pièce d’identité. Il y a apparemment de nombreuses échoppes, notamment à l’aéroport, qui vendent des cartes SIM aux touristes, mais ce n’est pas légal, et elle sont soit enregistrées sous l’identité de quelqu’un d’autre, soit pas enregistrées du tout, et vous devrez comme moi vous rendre dans un bureau officiel. Magasin le plus proche: 25 minutes à pied. Je me lance! Ce sera l’occasion de découvrir un peu plus les alentours et de me mêler aux autres, même si j’avoue ne pas être totalement rassurée ni pas le traffic, ni par la réputation de la capitale économique pour ses vols de sacs à main à l’arrachée par les cyclomoteurs; surtout que cette fois-ci, j’ai pris mon passeport avec moi. Devant l’hôtel, j’ai un moment d’hésitation: à droite, il y a les taxis, à gauche… Allez, je vais à gauche! Comme je n’ai pas de réseau en dehors de l’hôtel, j’ai prix un screen-shot de mon itinéraire, même s’il vaut mieux éviter de sortir le portable dans la rue. A priori c’est tout droit. Reste à savoir jusqu’où…

Et voilà donc comment je me suis embarquée, sacoche en bandoulière, dans ma première longue promenade en tant que femme seule dans le centre-ville d’Ho-Chi-Minh Ville, et ça c’est très bien passé. Non seulement, je suis arrivée à bon port, mais j’ai également appris à marcher sur le trottoir dans le sens inverse de la circulation afin de ne pas me sentir menacée par les motocyclettes dans le dos. Sauf qu’arrivée à mi-chemin, les boulevards s’agrandissent et je dois traverser… Il se trouve que comme ici, marcher, c’est la loose, tout le monde est en moto. Conséquence: il n’y a personne qui traverse à part moi. Bon, bah, il faut se lancer hein… Doucement, doucement, je traverse, non pas comme une demeurée mais avec la confiance à toute épreuve d’une enfant naïve qui se croit bénie par les dieux. Et ca fonctionne! J’éclate de rire à chaque rue traversée en un morceau. En fait, c’est assez instinctif ce petit jeu: il faut observer les distances, les yeux rivés sur les roues des cyclomoteurs plutôt que sur la route, car c’est leur direction qui est importante. Il faut essayer de deviner les intentions des autres, pendant qu’eux essayent de deviner les miennes. Un peu comme dans la vie, quoi. Moi qui recherchait l’expérience de faire partie du Grand Tout, je suis servie.

Arrivée chez Viettel, j’explique mon problème et on m’annonce que cette carte ne vaut jamais 100.000 dongs et que malheureusement on s’est fait arnaquer… Encore une étape de passée, donc. Nous savions que cela risquait d’arriver tôt ou tard mais là, je ne l’avais pas vu venir quand même! Ca valait bien la peine de demander conseil… Bon, après, 100.000 dongs ça fait 3 dollars et quelques. Il n’y a pas mort d’homme. Je patiente pendant qu’un opérateur fait toutes les démarches pour m’enregistrer – passeport, contrat, signatures, photos, etc. – et pendant ce temps je discute avec Alex via Messenger. Et oui, ici, à l’autre bout du monde, il y a du wifi partout. Par-tout! Chaque magasin a son propre réseau et on peut s’y connecter gratuitement! Franchement, l’Europe peut s’en inspirer! Je me demande du coup pourquoi j’ai demandé 3 Gigas de data pour la 4G, je n’aurai jamais besoin de tout ça! Mais l’internet haut débit + 60 minutes de blah blah téléphonique m’aura coûté 250.000 dongs (11$), comparativement à mes 30€ par mois en Belgique, c’est une affaire.

Sur le chemin du retour, je m’arrête prendre un thé glacé bien mérité et je le déguste dans le Parc Central, où tout le monde joue au badminton ou au dacau (jeu de volant au pied d’origine asiatique). Je fais des grands sourires, comme à mon habitude et certaines femmes locales me les rendent. Je dis locales parce que, étrangement, bien que j’ai croisé beaucoup de touristes ou d’expats d’ethnie caucasienne et que je leur ai souri avec le message dans les yeux qui disait “eh salut toi aussi tu voyages ici, c’est trop cool tu ne trouves pas?”, je n’ai eu aucune réponse à mes regards. A croire que les “étrangers” ici soient soit blasés soit trop auto-centrés. C’est leur choix, moi je continue mon chemin et je suis vraiment fatiguée une fois arrivée! C’est qu’en tout, j’aurai marché 1h30! Une bonne douche pour me laver de la pollution, et nous finissons la soirée ensemble, tranquillement, au petit resto du coin, avec leurs animaux de compagnie trop craquants, avant de vous relater nos aventures!

A bientôt!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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