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Que l’aventure commence

Mardi 4 juillet, réveil à 4h30 du matin. Nos trois valises, proportionnelles à nos tailles respectives, sont déjà prêtes dans le hall d’entrée depuis hier. Il ne nous reste qu’à enfiler nos tenues décontractées pour attaquer le long trajet qui nous attend. Une douche revigorante, le temps de se dire que c’est vraiment aujourd’hui que tout commence, qu’il n’y a plus qu’à… Plus qu’à dire au revoir.

Un dernier au revoir gardé de côté bien précieusement jusqu’à présent, car le plus douloureux. Mon papa, mes papas. J’ai dans le ventre une grosse boule qui se resserre quand ils me prennent dans leur bras, et les larmes ne peuvent pas s’empêcher de couler. Mais le temps nous manque déjà, le taxi est arrivé et charge nos valises méthodiquement. Un dernier regard mouillé, le coeur serré, pleins de sourires qui veulent dire je t’aime et la voiture démarre dans la rue calme et fraîche de l’aube à peine levée.

Sur le chemin, l’excitation commence à se faire sentir, en même temps que la tristesse de quitter ma Belgique natale dont je me remplis les yeux sur la route, et les oreilles une dernière fois à l’aéroport grâce aux accents rigolos des bruxellois qui font des annonces en anglais. L’embarquement se fait sans encombre. Grâce à notre statut ‘famille’, nous sommes parmi les premiers à rentrer dans l’avion. Je suis calme, sereine. Alex est silencieux. Anaïs, impatiente, me demande dans combien de temps on arrive. Je lui explique notre itinéraire. Elle s’enthousiasme de passer autant de temps dans des avions, elle qui adore ça. Première destination, Munich, où le transfert se fait très facilement, sauf petite anecdote: Alex décide de tester le scanner 3D pour passer le contrôle de passeport, mais Anaïs et moi devons nous adresser au comptoir classique car c’est interdit aux enfants, sûrement à cause de leur petite taille. L’agent très sympathique me demande avec son léger accent allemand combien de temps nous comptons rester au Vietnam. Je lui répond: « trois mois ». Il me fait des gros yeux et me dit « Trois mois?! Mais il y a un papa? » Je ne comprends pas trop son indignation, et je lui indique que mon mari est juste là. « Ah d’accord, parce que vous n’avez pas le même nom que votre fille, il ne faut pas rigoler avec ces choses-là ». Je lui souris et le rassure que je ne comptais pas kidnapper ma fille, c’est un voyage en famille. Après minutieuse vérification, il nous souhaite un bon vol. Au moins, il font bien leur boulot les allemands!

Embarquement, décollage, films à gogo, repas insipide et gros dodo, nous voici déjà à Bangkok, qui nous ravive les bons souvenirs de l’année dernière. Je suis presque déçue de devoir se dépêcher pour attraper le vol suivant, je me serais bien arrêtée un peu ici, moi. Mais qu’à cela ne tienne, nous reviendrons sûrement faire des petits aller-retour de temps en temps. En route pour notre dernière destination: Ho Chi Minh! Nous atterrissons à 9h30, mais nos corps courbaturés ne sont pas encore sortis d’affaire: il nous faut patienter pour obtenir notre visa à l’arrivée. Une quinzaine de minutes, pas plus, mais après une vingtaine d’heure dans les avions, cela nous a semblé une éternité. Enfin surtout à Alex qui n’a pas dormi, lui. Le temps d’un instant, je me demande ce qui risque de se passer si le visa n’est pas accepté? Retour au bercail par le premier charter? Mais non, il n’y a aucune raison, tout est en ordre. Re-file de 15 minutes pour présenter le-dit passeport avec visa au contrôle – ça ne rigole pas ici! On récupère les valises en un morceau et on file acheter un ticket-taxi. A l’aéroport d’Ho Chi Minh, on peut choisir entre acheter un ticket pré-payé (11$ la course de plus ou moins 30 minutes pour le centre-ville) ou prendre un taxi avec un compteur. Pour éviter les possibles arnaques et autres négociations, nous choisissons la première option, et donnons tout de même un tip de 2$ au conducteur. Pas de réhausseur auto pour la demoiselle, et pas de ceinture de sécurité non plus: on est dans l’ambiance tout de suite et on se dit que c’est comme ça, il faut lâcher prise. En même temps, à la lenteur à laquelle on se déplace, il ne peut pas nous arriver grand chose de grave.

Dans les rues, chaleur moite, odeurs d’Asie, motocyclettes vrombissantes, palmiers, cafés mignons tous les 300 mètres, échoppes, street-food, centres de massages, … c’est exactement ce que j’avais en tête grâce à toutes les vidéos des bloggers que j’avais regardées sur youtube. Anaïs s’est endormie dans mes bras. J’ai les larmes qui me montent aux yeux d’une énergie positive qui me rentre dans les tripes. Je regarde Alex qui est trop fatigué pour ressentir quoi que ce soit. Il faut dire qu’il est presque midi, mais 7h du mat’ en Belgique, en sachant qu’on s’est levés à 4h30 la veille, ça fait long! Mais notre guest house est prête, et nous accédons rapidement à notre chambre en échange de nos passeports. L’idée ne me plait pas trop, moi Européenne à qui on a appris qu’un passeport c’était personnel et hyper important de ne le confier à personne. Je négocie avec le gentil réceptionniste, qui me dit qu’il peut me les rendre une fois que j’aurais réglé la note. En dongs (que nous n’avons pas encore) ou en dollars (que nous n’avons pas en suffisance) ou par carte de crédit moyennant 3% supplémentaires. Nous n’avons pas la tête à réfléchir et décidons de lui faire confiance quelques heures: on va dormir, on payera plus tard.

Il est 18h30 et tout le monde se sent nettement mieux. On attend que la pluie cesse (c’est la saison) on se débarbouille, on se change, on s’asperge de DEET et on se décide à aller explorer les environs directs: besoin de manger, de boire et de dentifrice. Mais d’abord, on récupère nos passeports! Sur le chemin, un jeune homme nous montre son salon de massage et fait de larges sourires à Anaïs qui se cache, timide. Nous le retrouvons plus tard au Burger King où il nous fait signe avec son Sundae fraîchement acheté. Anaïs aussi tiens, elle prendrait bien une petite glace. On n’a pas été très courageux sur la nourriture ce soir, trop fatigués que pour faire un effort d’acclimatation supplémentaire, mais c’est sûr, demain, à la lumière du soleil, nous nous aventurerons un peu plus.

Sur le chemin du retour, une dame veut nous vendre ses fruits. Je pense à ma belle-soeur et j’achète 500grammes de mangoustans, fruits délicieusement sucrés qui coûtent les yeux de la tête en Europe. Ici: 1 dollar. Après ce bon petit dessert, on se brosse les dents à l’eau en bouteille et au Colgate (j’adore le contraste) et on se met au lit, prêts à digérer toutes ces premières aventures et impatients d’en découvrir beaucoup plus demain!

A très vite!

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